Ensemble contre la polio : le Togo mobilisé pour ses enfants

Ensemble contre la polio : le Togo mobilisé pour ses enfants

Lomé – Dans le quartier de Doulassamé, en plein cœur de la capitale, Darki Banipo, âgée de 43 ans et mère de trois enfants, tient son bébé de deux mois dans ses bras en évoquant le quotidien de sa famille. Elle résume avec simplicité l’attention qu’elle porte à la santé de ses enfants : « Je fais vacciner mes enfants parce que je vois la différence que cela apporte dans leur santé. Le bébé a commencé ses vaccins la semaine dernière et tout se passe bien », indique-t-elle.

Pour Darki, ces gestes du quotidien prennent un sens particulier dans le contexte actuel. À la suite de la confirmation, le 20 février 2026, d’un cas de poliovirus variant de type 2 dans le district sanitaire de Mô, les autorités sanitaires ont organisé une campagne nationale de vaccination du 12 au 14 mars 2026, avec l’appui technique de partenaires dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), afin de prévenir toute propagation du virus. La poliomyélite, maladie virale très contagieuse, peut provoquer une paralysie irréversible, en particulier chez les jeunes enfants. Un poliovirus similaire avait déjà été détecté en octobre 2025 dans une zone frontalière du Bénin.

Pour protéger plus de 1,8 million d’enfants âgés de 0 à 59 mois, le pays mobilise ainsi toutes ses ressources et rappelle que la lutte contre la polio demeure un effort collectif et continu. Les équipes de vaccination se sont rendues dans les écoles, les lieux publics et les ménages encore non visités afin d’atteindre chaque enfant. Sur les 2 100 000 doses distribuées, près de deux millions ont été administrées, permettant de dépasser la cible initiale. Dans le Grand Lomé, où quelques hésitations subsistaient, les équipes ont intensifié le dialogue avec les familles, contribuant à renforcer l’adhésion à la vaccination.

Pour Darki, ces messages font écho à une expérience familiale marquante : « Ma sœur avait refusé de vacciner ses enfants contre la rougeole, et après ils ont attrapé la maladie. Elle a dû dépenser beaucoup d’argent et ils ont même été hospitalisés. Depuis ce jour-là, elle ne refuse plus et elle vaccine systématiquement tous ses enfants », confie-t-elle.

Dans la dynamique nationale qui s’est enclenchée autour de la riposte, les équipes de santé s’appuient également sur l’accompagnement technique reçu de longue date dans le cadre de la lutte contre la poliomyélite. Dès les premiers signaux d’alerte, l’OMS a appuyé les autorités sanitaires pour renforcer la surveillance, affiner la planification des activités et sécuriser la logistique, afin d’assurer une distribution efficace des vaccins dans tous les districts. Cet accompagnement contribue à la réactivité des équipes et à la fluidité des opérations sur le terrain.

Le responsable du Programme Élargi de Vaccination (PEV), le Dr Amevegbé Kodjo Boko, souligne l’importance de cette coordination : « Notre objectif est d’atteindre chaque enfant, où qu’il se trouve. Grâce au travail des équipes et au soutien de nos partenaires, nous avançons avec détermination pour interrompre toute circulation du poliovirus », affirme-t-il.

Sur le terrain, les relais communautaires donnent à la campagne une dimension profondément humaine. À Amoutivé, Rolande, l’une de ces relais, échange chaque jour avec les parents pour clarifier les informations et répondre à leurs préoccupations. « Nous leur expliquons pourquoi il est important de protéger leurs enfants. Certains hésitent encore ; dans ces cas-là, nous prenons le temps de discuter avec eux et de les rassurer », explique-t-elle.

Son engagement est aussi nourri par son expérience personnelle : « Je suis mère moi-même, je sais combien une maladie peut bouleverser une famille. Et trop souvent, c’est sur les femmes que repose la responsabilité quand un enfant tombe malade. C’est pour cela que j’encourage les mères à en parler avec leurs maris, pour que chacun comprenne que la vaccination protège la croissance de l’enfant », dit-elle avec conviction.

Dans les écoles comme dans les quartiers, cette proximité porte ses fruits : « Nous avons pu vacciner beaucoup d’enfants dès la première journée », ajoute-t-elle.

À l’occasion du lancement de la campagne placée sous le leadership du Ministère en charge de la santé, le Dr Hamadou Nouhou, Représentant de l’OMS au Togo, rappelle l’objectif commun : « Nous sommes aux côtés du gouvernement pour consolider chaque étape de la riposte. L’essentiel est de veiller à ce que tous les enfants soient protégés, sans exception », souligne-t-il.

Pour les familles, cette mobilisation se traduit par un sentiment de sécurité renforcé. En regardant son bébé, Darki exprime ce que ressentent de nombreux parents : « Quand nos enfants sont vaccinés, nous sommes rassurés. On évite les maladies et les dépenses à l’hôpital. Aujourd’hui, tout le monde doit comprendre l’importance de les protéger », affirme-t-elle.

Son témoignage illustre l’essentiel : protéger chaque enfant, renforcer la confiance des communautés et maintenir une vigilance collective pour éliminer durablement la poliomyélite au Togo.

 

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Pour plus d'informations ou pour demander des interviews, veuillez contacter :
Kadijah Diallo

Chargée de communication
Bureau Régional de l'OMS pour l'Afrique 
Email: dialloka [at] who.int (dialloka[at]who[dot]int)

Monge Marta Villa

Communications Officer
Polio Eradication Programme
WHO Regional Office for Africa
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Tel: + 34 636 04 76 79